Air Freshener

La GhostTown Gallery, située au 250 Rue Nationale à Cahors dans le Lot (46) a la particularité d’abriter l’atelier de l’artiste Clément BAILLEUX. Ce dernier décide en 2019 d’endosser en complément de sa pratique, le costume de commissaire d’exposition. Il transforme épisodiquement son lieu de travail en galerie, afin d’y accueillir les oeuvres d’artistes nationaux et internationaux, autour de thématiques communes. 

Pour cette première exposition baptisée AIR FRESHENER (désodorisant en français). Les huit artistes invités proposeront un ensemble d’oeuvres réfléchies, autour d’un questionnement sur la valeur décorative de l’art et /ou de l’insertion du décoratif dans les champs de l’art et du réel. 

L’intitulé AIR FRESHENER fait une allusion directe aux flacons de parfums d’ambiance, des rayons de supermarchés, qui promettent de vous transporter instantanément vers d’autres horizons olfactifs lorsque vous en libérez le contenu. 

La GhostTown Gallery sera heureuse de vous accueillir à l’occasion de son ouverture et du vernissage de l’exposition : 

Le vendredi 24 juillet 2020, à 18 h 30.

Exposition du 25 juillet au 1er octobre 2020 

 ATSOUPE  Artiste d’origine Togolaise, Atsoupé questionne la notion de féminité, elle en développe une vision onirique et singulière au travers du prisme de sa double culture.  Femmes mères, femmes guerrières, femmes séductrices mais aussi femmes fragiles sont autant de facettes de la femme qui nécessitent collecte et assemblage de formes et matières, afin de les dépeindre sous tous leurs angles.  Les objets trouvés au coin d’une rue de Paris ou marchandés sur un étal de Lomé alimentent une collection qui constitue la ressource matricielle des oeuvres élaborées par l’artiste. Poupées, masques, costumes et fétiches viennent nourrir une fresque picturale plus globale, qui s’accompagne également de chants, de danses et de rituels. 
ALEXANDRE D’HUY  La guerre et les médias de masse sont les deux thématiques obsessionnelles parcourues par l’artiste Alexandre D’huy. Il dissèque le système d’emprise des images générées par un monde globalisé, en élaborant une constellation arborescente. Peintures, documents et photographies, constituent les ramifications de son travail qui s’étale parallèlement au temp médiatique.  Fasciné par les machines de guerre, tanks et véhicules blindés sont les sujets de représentation emblématiques de sa pratique artistique.  Depuis peu, il s’intéresse également aux images émanant des nouveaux dispositifs de surveillance, tels que les photos-satellites, les caméras thermiques et les drones. Il en résulte des oeuvres « papier-peints », qui superposent différentes couches de matériaux analogiques et numériques. 
CHARLES NEUBACH  Lignes hautes tensions, lignes conductrices, lignes courbes ou continues, l’artiste Charles Neubach explore la « ligne » sous toutes ses coutures, tel un motif déclinable et modulable à l’infini.  Dans le prolongement direct de ses peintures sur toile, chaque trait semble échapper au support, se propageant sur les murs et les multiples surfaces planes offertes par l’architecture et l’environnement urbain.  Ses travaux les plus récents utilisent la lumière et le son qu’il met en scène à l’intérieur de boîtes ou pièces conçues comme des systèmes automatisés, mêlant références à la musique électronique et à l’esthétique minimaliste.  Oppressantes et immersives, les installations de Charles Neubach se présentent comme des lanternes magiques du futur, où sa voix omniprésente répète, sous formes de mantras hypnotiques, des syncopes de mots qui conduisent le spectateur à une introspection méditative. 
CLEMENT BAILLEUX  L’oeuvre protéiforme de Clément Bailleux combinant peintures et objets se veut résolument tournée vers la dérision. Il serait aisé, au demeurant, de se laisser berner par les franches couleurs pop utilisées par l’artiste et de les percevoir comme une vision enjouée et optimiste, aux contours naïfs.  A la seconde lecture de son travail, il devient évident pour le spectateur qu’il assiste à une lutte acharnée entre références et styles. Cette coexistence forcée est, en effet, délibérément provoquée par le plasticien qui tente de conjuguer les contraires.  L’objectif étant de parvenir à définir une plastique globale, à l’image du modèle internet, où pêle-mêle se chevauchent « intelligence » et « idiotie », « beau et laid », « minimalisme » et « baroque », telle une célébration chaotique des antithèses et de la déhiérarchisation des valeurs appréciatives. 
CYRIL ABOUCAYA  L’artiste Cyril Aboucaya réinvestit le champ du sacré en confectionnant des objets hybrides, entre oeuvres funéraires et décorations domestiques. Ses objets privilégient les formes simples et épurées aux couleurs vives. Des formes sur lesquelles se recueillir et s’épancher, dans un quotidien où la notion de deuil semble s’évanouir, diluée dans la promesse d’une existence numérique éternelle.  Le deuil est ici relégué à l’état de besoin fonctionnel que l’on pourrait combler par la consommation, tout en tentant de remplir un vide spirituel par l’acquisition de totems à la ligne aseptisée.  L’artiste favorise dans ses conceptions des matériaux simples comme le bois contre-plaqué, les revêtements adhésifs et les peintures décoratives. Il trouve son inspiration dans les magasins de bricolage, les bazars ou les quincailleries. Ses créations pourraient hypothétiquement prendre place dans un catalogue, aux côtés des meubles en kit d’une célèbre enseigne suédoise. 
MARTIN HYDE  Artiste d’origine Canadienne, Martin Hyde revisite dans son travail actuel les techniques traditionnelles de la céramique.  Il orne ses créations de motifs hallucinés, empruntés à la « subculture » qui oscillent entre sculpture, peinture et arts de la table.  Visuellement déconcertants, ses dispositifs poétiques trouvent dans les mythologies, contes et légendes une source intarissable d’inspiration qu’il entremêle de références autobiographiques plus personnelles. Comme une manière, au travers de ses oeuvres, de projeter sa propre dimension héroïque. 
GAUTIER D’HUY  A l’heure de l’auto-médiatisation à outrance et de la célébration permanente du Soi, Gautier D’huy décide de livrer bataille, en marge des tranchées de la guerre des égos. Les pièces énigmatiques de l’artiste font largement écho à sa propre discrétion.  Les cargos échoués, les vaisseaux-fantômes, les épaves et les sous-marins sont autant de métaphores de l’Etre, en proie à l’irrésistible envie de se laisser tomber vers le fond, submergé par l’ivresse des profondeurs.  Passager clandestin ou espion infiltré, l’artiste nous livre au travers de ses installations son regard subversif et submersible. 
PIERRE FISHER  Artiste de l’instantanéité, Pierre Fisher conduit une réflexion sur la notion d’assemblage. Les matériaux bruts sont utilisés pour leurs qualités intrinsèques, ce qui permet aux éléments hétérogènes qui sont juxtaposés dans ses oeuvres de révéler leur véritable nature. Le bois industriel, la toile de jute, la bâche cellophane, les magazines et autres objets trouvés, constituent la palette de l’artiste.  Pierre Fisher détourne la nature programmée d’objets empruntés le plus souvent au monde du travail, provenant essentiellement du secteur primaire et secondaire (agriculture et construction), afin d’en révéler la nature esthétique ainsi que la portée narrative et poétique.  Ce travail de décontextualisation sectorielle et temporelle revisite les formes émancipatrices de la génération Y, de la street-culture au mouvement techno qui agissent tels deux leitmotivs centraux parcourant son oeuvre depuis ses tout premiers tableaux.